
Paris
(prononcé
[paʁi] )
est la ville la plus peuplée et la
capitale de la France, chef-lieu de la
région Île-de-France et unique
commune-département du pays. Elle se
situe sur une boucle de la Seine, au
centre du Bassin parisien, entre les
confluents de la Marne et de la Seine en
amont, et de l’Oise et de la Seine en
aval. Ses habitants s’appellent les
Parisiens.
La position de
Paris à un carrefour entre les
itinéraires commerciaux terrestres et
fluviaux au cœur d’une riche région
agricole en a fait une des principales
villes de France au cours du
Xe siècle,
avec des palais royaux, de riches
abbayes et une cathédrale ; au cours du
XIIe siècle,
Paris devient un des premiers foyers en
Europe pour l’enseignement et les arts.
Le pouvoir royal se fixant dans cette
ville, son importance économique et
politique ne cesse de croître. Ainsi, au
début du
XIVe siècle,
Paris est la ville la plus importante de
tout le monde chrétien.
Au
XVIIe siècle,
elle est la capitale de la première
puissance politique européenne, au XVIIIe
le centre culturel de l’Europe et au XIXe
la capitale des arts et des plaisirs. En
2008, tous hébergements confondus, le
nombre de touristes à Paris intra-muros
est estimé à 28 millions, selon l'Office
du Tourisme et des Congrès de la
capitale française[1].
Paris est la capitale
économique et commerciale de la France,
sa première place financière et
boursière. La densité de son réseau
ferroviaire, autoroutier et sa structure
aéroportuaire, plaque tournante du
réseau aérien français et européen, en
font un point de convergence pour les
transports internationaux. Cette
situation est issue d’une longue
évolution, en particulier des
conceptions centralisatrices des
monarchies et des républiques, qui
donnent un rôle considérable à la
capitale dans le pays et tendent à y
concentrer à l’extrême les institutions.
Depuis les années 1960, les
gouvernements successifs ont développé
des politiques de déconcentration et de
décentralisation afin de rééquilibrer le
pays.
Abritant de
nombreux monuments, Paris est aussi une
ville importante dans l’histoire du
monde, avec un rôle politique et
économique majeur. Symbole de la culture
française, la ville attire près de
trente millions de visiteurs par an[2].
Paris possède également une place
prépondérante dans le milieu de la mode
et du luxe.
En 2006, la
population de Paris intra-muros était de
2 181 371 habitants d’après le
recensement de l’Insee[3].
Néanmoins, au cours du
XXe siècle,
l’agglomération de Paris s’est largement
développée hors des limites de la
commune. Son aire urbaine, qui inclut
l’agglomération et la couronne
périurbaine, comprenait 11 769 433
habitants en 2006[4].
Elle est l'une des agglomérations
européennes les plus peuplées. Paris,
avec un PIB de
164 539 millions d'euros
en 2005[5],
est un acteur économique européen
majeur. Elle est au coeur de
l'Ile-de-France, première région
économique européenne.
Géographie physique
Topographie
Au cœur du Bassin
parisien, Paris est implantée sur la
Seine où se situent deux îles qui
constituent le cœur historique de la
ville : l'île de la Cité à l'ouest et
l'île Saint-Louis, à l'est. De là, la
ville s'étend inégalement de part et
d'autre du fleuve, la superficie occupée
au nord sur la rive droite étant
nettement supérieure (environ deux fois)
à celle sur la rive gauche, au sud.
Paris
intra-muros, délimitée de fait en 1844
par l'enceinte de Thiers ainsi que par
l'annexion de communes ou quartiers de
celles-ci en 1860[6],
est aujourd'hui séparée de la banlieue
par le boulevard périphérique. Les accès
routiers se font par les portes de Paris
ou par les autoroutes et routes
nationales qui rejoignent cette rocade.
Le boulevard périphérique, voie rapide
urbaine de 35 km, constitue de fait une
frontière artificielle entre la ville et
les communes limitrophes ; sa couverture
progressive permet de mieux ouvrir Paris
à son agglomération[7].
À l'intérieur
de cette limite, de part et d'autre du
fleuve, plusieurs reliefs composés de
buttes-témoin gypseuses forment de
petites collines[s
1].
Sur la rive droite, il s'agit de
Montmartre (131 m), avec pour point
culminant le cimetière du Calvaire[s
2],
de Belleville (128,5 m), avec pour point
culminant la rue du Télégraphe, de
Ménilmontant (108 m), des
Buttes-Chaumont (103 m), de Passy (71 m)
et de Chaillot (67 m). Sur la rive
gauche, ce sont les points hauts de
Montparnasse (66 m), de la
Butte-aux-Cailles (63 m) et de la
Montagne Sainte-Geneviève (61 m).
Au-delà du
boulevard périphérique, Paris s'étend
également sur des zones accueillant
l'héliport (15e
arrondissement) et surtout deux grands
espaces boisés aménagés par Haussmann
sur des communes voisines avant d'être
rattachés à Paris en 1929 : à l'ouest,
le Bois de Boulogne (846 hectares, 16e)
et à l'est, le Bois de Vincennes (995
hectares, 12e),
ce qui porte le périmètre de la ville à
54,74 km. Plus anecdotique, depuis 1864,
la ville de Paris est propriétaire du
domaine entourant les sources de la
Seine, à 231 km du centre-ville, près de
la ville de Source-Seine[8].
La ville de
Paris avec
105 km2
occupe le 113e
rang des communes de France
métropolitaine. En revanche, l'unité
urbaine de Paris, c'est-à-dire la ville
et son agglomération urbaine, recouvre
une superficie de
2 723 km2
rassemblant 9 644 507 habitants
répartis, en 1999, dans 396 communes
d'Île-de-France[9].
Le point zéro des
routes de France est matérialisé sur une
dalle située devant Notre-Dame de Paris.
Hydrographie
Articles détaillés : Seine, Débit de
la Seine à Paris, Bièvre, Canal
Saint-Martin et Liste des ponts de
Paris.
La Seine traverse la
ville en formant un arc de cercle, y
entrant par le sud-est pour en sortir au
sud-ouest. Plus de trente ponts
permettent de franchir le fleuve.
La ville est
également traversée par deux autres
cours d'eau : la Bièvre, qui arrive du
sud de Paris, aujourd'hui entièrement
souterraine, et le canal Saint-Martin,
inauguré en 1825 et long de 4,5
kilomètres. Il est en partie souterrain
de la rue du Faubourg-du-Temple à la
Bastille et constitue la partie
terminale du canal de l'Ourcq, long de
108 kilomètres, qui entre dans la ville
par le nord-est. Il alimente le bassin
de la Villette, passe sous la place de
la Bastille avant de rejoindre la Seine
en amont de l'île Saint-Louis, après le
port de l'Arsenal. Un canal s'en détache
au bassin de la Villette en direction de
Saint-Denis, le canal Saint-Denis, long
de 4,5 kilomètres et ouvert en 1821, il
permet de rejoindre la Seine en aval et
d'éviter la traversée de la ville[f
1].
Vue panoramique à 180
degrés de la Seine près
du pont Saint-Michel (à
gauche) et de Notre-Dame
(à droite de l'image).
Géologie
Le Bassin
parisien forme un grand ensemble de
couches sédimentaires successives. C'est
l'un des premiers lieux qui a fait
l'objet d'une carte géologique et a
permis de fonder de nombreuses théories
en géologie comme la paléontologie et
l'anatomie comparée, théories de Georges
Cuvier[10].
Le Bassin parisien s'est constitué il y
a 41 millions d'années. C'est un bassin
marin épicontinental reposant sur des
massifs datant du paléozoïque que sont
le massif des Vosges, le Massif central
et le Massif armoricain. Avec la
formation des Alpes, le bassin se
referme mais reste ouvert vers la Manche
et l'océan Atlantique. Cela préfigure
les futurs bassins fluviaux de la Loire
et de la Seine. À la fin de l'Oligocène,
le Bassin parisien devient continental[10].
En 1911, Paul
Lemoine montre que le bassin est composé
de strates disposées en cuvettes
concentriques[11],[12].
Plus tard, des études approfondies sur
des données sismiques, des forages et
des puits ont permis d'en avoir une
image précise. Celles-ci confirment les
strates en cuvettes concentriques mais
avec des objets complexes comme des
failles. Les formations du relief
parisien se situent dans les couches du
Mésozoïque et du Paléogène (ère
tertiaire) et ont été élaborées par
l'érosion.
La première strate
datant de l'ère tertiaire est constituée
d'alluvions de la Seine d'époque
moderne. Les plus anciens dépôts sont
des sables et des argiles datant de
l'étage sparnacien présent dans le 16e
arrondissement d'Auteuil au Trocadéro.
Mais l'étage le plus connu est le
Lutétien, riche en gypse et en calcaire[13].
Le
sous-sol parisien se caractérise par la
présence de nombreuses carrières de
calcaire, gypse et pierre meulière.
Certaines ont été utilisées comme
catacombes et forment l'ossuaire
municipal, dont une partie est ouverte
au public. Le calcaire a été exploité
jusqu'au
XIVe siècle
sur la rive gauche, de la place d'Italie
à Vaugirard. Aujourd'hui, son extraction
s'est déplacée vers l'Oise, à
Saint-Maximin par exemple[14].
L'exploitation du gypse a été très
active à Montmartre et Bagneux.
L'hydrogéologie
est très influencée par l'urbanisation.
La Bièvre, petit affluent de la Seine
qui a modelé toute la rive gauche, a été
couverte au
XIXe siècle
pour des raisons hygiéniques. De
nombreuses nappes d'eau souterraines
sont présentes dans le sous-sol
parisien, comme celles d'Auteuil qui
fournissent par forage de l'eau à la
ville. La nappe albienne est la plus
connue de la région parisienne et est
exploitée à Paris depuis 1841 par le
puits artésien de Grenelle[15].
Climat
Article détaillé : Climat de Paris.
Paris a un climat de
type océanique dégradé : l'influence
océanique est prépondérante à celle
continentale et se traduit par des étés
relativement frais (18 °C en moyenne),
des hivers doux (6 °C en moyenne) avec
des pluies fréquentes en toute saison et
un temps changeant mais avec des pluies
plus faibles (641 millimètres) que sur
les côtes et quelques pointes de
températures (influence continentale) au
cœur de l'hiver ou de l'été. Le
développement de l'urbanisation provoque
une croissance de la température ainsi
qu'une baisse du nombre de jours de
brouillard.
L'environnement
Article détaillé : Environnement à
Paris.
Comme toutes
les grandes métropoles de la planète,
Paris subit des conséquences
environnementales liées à l'échelle de
sa population et de son activité
économique[s
3].
Paris est la capitale la plus dense
d'Europe en population. La part des
espaces verts est des plus réduites, et
ce malgré les parcs et jardins qui ont
été créés au cours des deux dernières
décennies afin de pallier cette carence,
d'où une biodiversité relativement
limitée[18].
La pollution atmosphérique et le bruit
constituent des problèmes de santé
publique ; ils ont motivé la création de
réseaux de surveillance.
Plus
anecdotiquement, Paris possède une
réputation peu glorieuse en matière de
déjections canines. Ces déjections sont
considérées comme la première cause de
saleté de la ville par les habitants[s
4].
Étymologie
Paris tire son
nom du peuple gaulois des Parisii (un
Parisius,
des Parisii).
Le mot
Paris est
en fait dérivé du latin
Civitas Parisiorum
(la Cité des Parisii), désignation qui
l'a emporté sur
Lutetia
(Lutèce). L'origine du nom des Parisii
n'est pas connue avec certitude. Les
Parisii ont donné leur nom à Paris,
Villeparisis, Cormeilles-en-Parisis,
Fontenay-en-Parisis et toute la région
(pagus) du Parisis. À l'époque romaine,
on trouve également des Parisii en
Angleterre, dans l'actuel Yorkshire de
l'Est.
Transports
Outre
un réseau dense de lignes de bus et de
métro, Paris est desservie par le RER,
réseau ferroviaire suburbain qui
facilite les relations à l'échelle de
l'agglomération parisienne. Six grandes
gares ferroviaires la relient à sa
périphérie grâce à une quinzaine de
lignes de chemin de fer de banlieue (Transilien),
à toutes les villes de France et aux
pays proches par le biais du TGV ou de
trains classiques.
Paris est,
après Londres, la ville d'Europe qui
comptabilise le plus de passagers
aériens (86,9 millions en 2008[117])
et la cinquième du monde[118];
et 2,24 millions de tonnes de fret en
2006 dans les deux aéroports qui
accueillent l'essentiel du trafic :
aéroport Paris-Orly et surtout
Roissy-Charles-de-Gaulle[119].
Comme dans
toutes les mégapoles de la planète, la
circulation routière est très dense et
souvent difficile malgré les larges
avenues
tracées
par Haussmann au
XIXe siècle
qui facilitèrent alors grandement un
trafic déjà important à cette époque. La
ville est ceinte par un boulevard
périphérique, voie routière la plus
empruntée de France. Un réseau
d'autoroutes urbaines en toile
d'araignée la relie aux banlieues
périphériques et au reste du pays. Le
stationnement à Paris se révèle délicat
à l'image de la plupart des grandes
métropoles. Il est payant dans la
quasi-totalité des rues, la municipalité
en place menant une politique de
promotion du transport collectif et
cycliste. Ainsi, la ville dispose depuis
la fin des années 1990 d'un réseau de
pistes cyclables en augmentation
constante. Fin 2006, 371 kilomètres
existent dans Paris, incluant les bandes
et pistes cyclables ainsi que les
couloirs de bus élargis[s
11],[120].
À la suite de Rennes et Lyon, la Mairie
de Paris lance le 15 juillet 2007 un
système de location de vélos en
libre-service, baptisé
Vélib',
avec le réseau le plus dense d'Europe,
20 000 vélos fin 2007, 1 400 stations
dans Paris, une tous les 300 mètres en
moyenne, et géré par JCDecaux[121].
La ville compte par ailleurs 15 500
taxis parisiens début 2007[s
12].
Architecture
et monuments
Articles détaillés : Liste des
édifices religieux de Paris, Liste
des palais parisiens, Monuments et
sites de Paris et Liste des plus
hauts bâtiments d'Île-de-France.
Les
monuments les plus célèbres de Paris
datent d'époques variées. Ils se
trouvent souvent dans le centre et sur
les rives de la Seine. Les quais de
Seine du Pont de Sully au Pont de Bir-Hakeim
constituent l'un des plus beaux paysages
fluviaux urbains et sont d'ailleurs
classés à l'inventaire du patrimoine
mondial de l'UNESCO. On y trouve
notamment, d'est en ouest : Notre-Dame,
le Louvre, les Invalides, le pont
Alexandre-III, le Grand Palais, le musée
du quai Branly, la Tour Eiffel et le
Trocadéro. Plus à l'est, d'importants
édifices contemporains ont été
construits (le ministère des Finances,
le site François Mitterrand de la
bibliothèque nationale de France, etc.).
On trouve sur
l'île de la Cité des monuments anciens
emblématiques. La cathédrale Notre-Dame,
de style gothique, principalement bâtie
du
XIIe siècle
au
XIIIe siècle,
a été très restaurée au
XIXe siècle
et sa façade occidentale nettoyée à la
fin du
XXe siècle.
Elle est symboliquement le noyau de
Paris et les distances routières
françaises sont mesurées à partir de son
parvis. L'ancien palais de la
Conciergerie fut le siège du pouvoir
royal jusqu'au règne de Charles V, dans
la seconde moitié du
XIVe siècle.
Une partie du bâtiment fut dès lors
aménagée en prison et fut notamment le
lieu de détention d'illustres
personnalités de l'Ancien Régime avant
leur exécution, lors de la Révolution
française. La Sainte-Chapelle,
construite à proximité de la
Conciergerie, est considérée comme un
chef-d'œuvre de l'architecture gothique.
Le pont Neuf, à l'extrémité occidentale
de l'île et datant de la fin du
XVIe siècle,
est le plus vieux pont de Paris en
l'état.
Des monuments
de style classique marquent également le
centre de Paris de leur empreinte. La
chapelle de la Sorbonne au cœur du
quartier latin, a été construite au
début
du
XVIIe siècle.
Le Louvre, résidence royale, a été
embelli au
XVIIe siècle
et plusieurs fois retouché par la suite.
L'Hôtel des Invalides, avec son fameux
dôme doré, fut érigé à la fin du
XVIIe siècle
dans les faubourgs de la ville par un
Louis XIV soucieux d'offrir un hospice
aux soldats blessés. Il abrite depuis le
15 décembre 1840 les cendres de Napoléon
Ier
et son tombeau depuis le 2 avril 1861[125].
Le Panthéon, édifié quant à lui à la fin
du
XVIIIe siècle
à proximité de la Sorbonne, est devenu
sous la Révolution un temple civil où
des Français illustres sont enterrés.
Le patrimoine
du
XIXe siècle
est très abondant à Paris avec notamment
l'Arc de triomphe, les passages
couverts, le Palais Garnier, construit à
la fin du Second Empire et au début de
la Troisième République et qui abrite
l'opéra de Paris, et la Tour Eiffel,
construction « provisoire » érigée par
Gustave Eiffel pour l'exposition
universelle de 1889 mais qui ne fut
jamais démantelée. Elle est devenue le
symbole de Paris, visible de la plupart
des quartiers de la ville et parfois de
la proche banlieue.
Au
XXe siècle,
de nombreuses réalisations des plus
grands architectes parsèment les rues de
Paris : Guimard, Plumet[126]
ou Lavirotte, références de l'Art
nouveau en France, puis celles de
Mallet-S