L’Île-de-France
est de nos jours l’une des vingt-six
régions françaises, et était sous
l'Ancien Régime une province française
qui fut supprimée en 1789. La locution
est à nouveau utilisée avec un usage
officiel depuis 1975. Aujourd'hui
l'Île-de-France regroupe huit
départements : l’Essonne, les
Hauts-de-Seine, Paris, la
Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne, le
Val-de-Marne, le Val-d'Oise et les
Yvelines, et est parfois confondue à
tort avec l’agglomération de Paris qui
ne s’étend que sur 20 % de la surface
régionale bien qu’elle en absorbe 90 %
de la population.
Environnement
Le
territoire de la région est très
urbanisé malgré la fragmentation
éco-paysagère d'une grande partie du
territoire (par les routes) et des
grandes vallées de la Seine, de la
Marne, et de l'Oise (par
l'urbanisation). Elle possède de grands
massifs forestiers (285 000 ha
dont
87 000 ha
de forêt publique) et de nombreux grands
parcs urbains qui ceinturent presque la
région au sud et au nord (massif des
trois forêts). La région a cependant
moins perdu de biodiversité que
certaines zones d'agriculture intensive
de surface équivalente plus au nord.
Cette ceinture forme un réservoir de
biodiversité, principalement constitué
du Vexin, des forêts de Rambouillet et
d'Yvelines, connectés par des vallées de
l'Essonne et certaines boucles de la
Seine, repérés comme éléments du Réseau
écologique national.
Selon
son Profil environnemental régional,
l'Île-de-France est du point de vue de
la biodiversité dans une situation
moyenne à l'échelle du continent
européen, plus riche que les régions du
Nord, mais moins que celles du sud. Un
réseau relictuel et fragile, à conforter
de corridors biologiques a permis un
minimum de dispersions animales et
végétales entre les grands noyaux de
nature (massifs forestiers, zones
humides) par la Carte des corridors
biologiques d'intérêt régional[4].
La région est à 80 % constituée
d'espaces naturels et ruraux, 20 % du
territoire étant construit. On y trouve
228 espèces d'oiseaux sur les 375
observables en France, 18 000 espèces
d'insectes sur 35 200 les plus
facilement observables et 60 espèces de
mammifères sur 121, ou encore 1 500
espèces de plantes sur 6 000[5].
Histoire
La région
Île-de-France est née du domaine royal
constitué depuis le
Xe siècle
par les rois Capétiens.
Son
nom peut apparaître assez mystérieux,
l'« île » de France étant située en
pleine terre. Il semble que ce nom
désigne la langue de terre délimitée par
l’Oise, la Marne et la Seine[2].
Une autre explication voit en « Île de
France » une altération de
« Liddle Franke »,
c'est-à-dire « Petite France » en langue
franque. Cette région est en effet la
terre d'enracinement des peuples Francs,
d'origine germanique, après leur
pénétration en Gaule, lors des grandes
invasions. D'autres expressions franques
sont passées à la postérité: la devise
royale « Montjoie Saint Denis » provient
du francique
Mund Gawi
(qui signifie « protection du pays par
la grâce de Saint Denis »).
Jusqu'à
la fin de l'Ancien Régime, cette
province s'étendait vers le nord et le
nord-est, englobant les pays du
Soissonnais et du Laonnois, actuellement
situés dans l'Aisne, ainsi que le
Beauvaisis et le Valois, actuellement
situés dans l'Oise (Picardie), mais
était moins étendue vers l'est, excluant
la Brie champenoise, autour de Meaux,
rattachée à la Champagne. Vers le sud
ses limites était sensiblement les mêmes
qu'aujourd'hui englobant le Gâtinais,
tandis que vers l'ouest, la limite avec
la Normandie est restée inchangée le
long de la ligne de l'Epte. Elle
correspondait à une zone de gouvernement
militaire qui ne coïncidait pas
complètement avec la zone d'intérêts
économiques des corporations marchandes
de Paris. Par parenthèse, cette remarque
historique vient renforcer l'hypothèse
d'une étymologie franque (liddle
franke) du
nom "île de France", et en affaiblir
l'hypothèse géo-fluviale.
Au
XVIIe siècle,
un nombre important d'habitants vinrent
coloniser la Nouvelle-France (Québec),
en particulier les fameuses « filles du
Roy ».
Elle
fut découpée, à la suite de la
Révolution, en cinq départements :
Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne,
Oise et Aisne. La région fut
reconstituée après 1945 à partir des
trois premiers et la décentralisation
administrative à partir de 1964, puis
politique en 1982 a consolidé les
anciennes provinces. En 1965, sous
l'action vigoureuse de Paul Delouvrier à
la tête du district de la région
parisienne, le nombre de départements a
été porté de trois à huit, y compris
Paris. L'un d'eux, celui de
Seine-et-Marne, occupe près de la moitié
de la superficie régionale. Autour de
Paris, les Hauts-de-Seine, la
Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne
forment la petite couronne, très
urbanisée et dont la population est la
plus dense avec Paris (jusqu'à 20 000
habitants au kilomètre carré). Les
départements du Val-d'Oise, des
Yvelines, de l'Essonne et de
Seine-et-Marne constituent la grande
couronne, moins dense et plus rurale.
L'objectif de cette réforme
administrative était éminemment
politique : il s'agissait de démanteler
le département de la Seine, dont le
Préfet avait presque autant de pouvoir
que le Premier ministre. Cette
concurrence à la tête de la région
capitale était jugée néfaste par De
Gaulle et Michel Debré, premier ministre
de l'époque pour entreprendre
l'aménagement de la région parisienne
(« remettre de l'ordre »). Ainsi, en
1965, l'équipe de Delouvrier réalise le
Schéma directeur d'aménagement et
d'urbanisme de la région de Paris
(SDAURP), un document de planification
spatiale ambitieux, qui remodèle
profondément le visage et le
fonctionnement de la région capitale :
constitution d'un Réseau Express
Régional (RER) et création des villes
nouvelles (Évry, Marne-la-Vallée,
Cergy-Pontoise,
Saint-Quentin-en-Yvelines et
Melun-Sénart).
Le district de la
région parisienne est devenu la région
Île-de-France en 1976.